Commission internationale
pour la protection des eaux du Léman

Lettre du Léman n°53 Dossier:
Zones humides
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Phosphore et santé du Léman

Phosphore total dans les eaux du LémanAujourd’hui, grâce à toutes les actions menées autour du Léman depuis plus de 50 ans, la concentration en phosphore total a atteint 19 µg/L en 2015. Cependant, les efforts doivent être maintenus pour atteindre les 10-15 µg/L qui constituent l’objectif fixé par la CIPEL dans son Plan d’action 2011-2020.

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Prolifération d'algues - © GolayPhosphore et eutrophisation du Léman

Le phosphore. Cet élément naturellement présent dans le Léman a fait beaucoup parler de lui ces dernières décennies, et pour cause. Ses teneurs très élevées dans le lac, dues à des apports anthropiques, ont conduit à une eutrophisation accélérée du Léman, et à tous ses effets néfastes : asphyxie du fond, difficultés pour la pêche et la production d’eau potable en raison de trop grandes quantités d’algues, baignade peu attrayante, etc.

Plus de cinquante ans d’efforts ont toutefois permis au Léman de retrouver une bien meilleure santé !

Qu'est-ce que l'eutrophisation ?

Mal typique dont peuvent souffrir les lacs, l’eutrophisation est due à un apport excessif de substances nutritives lié aux activités humaines, notamment le phosphore, qui augmente la production d’algues. Or, la décomposition et la minéralisation de ces dernières consomment de l’oxygène dissous dans l’eau, conduisant à un déficit d’oxygène, en particulier dans le fond du lac : le lac s’asphyxie.

 

Bon état du Léman : quel rôle joue le phosphore ?

Le bon état des lieux d’un lac fait intervenir une multitude de paramètres physico-chimiques, dont le phosphore, qui joue un rôle majeur sur :

  • la prolifération d’algues
  • l’oxygène au fond du lac
  • le développement des espèces indicatrices (notamment certaines espèces de flore aquatique, de phytoplancton, et poissons)

 

Plus de détails dans La Lettre du Léman n°52 (p. 3)

 

50 ans de lutte contre l'eutrophisation

Thème phare de la CIPEL depuis sa création en 1962, l’eutrophisation du Léman a longtemps été un sujet de préoccupation pour le lac et ses acteurs riverains. Les teneurs en phosphore, à l’origine de cette eutrophisation, sont en effet passées de moins de 15 µg/L avant les années 1960, à plus de 80 µg/L dans les années 1970, avec un maximum à 89.5 µg/L en 1979.

Face à cette situation, des actions ont été menées de façon parallèle par l’ensemble des acteurs de l’eau du bassin lémanique, sur plusieurs plans, dont:

  • un grand travail d’amélioration de l’assainissement des eaux usées, notamment avec la construction de nombreuses stations d’épuration ;
  • l’interdiction des phosphates dans les lessives, en Suisse (1986) et en France (2007 dans les lessives domestiques, 2012 pour les usages industriels) ;
  • la sensibilisation de la population, des élus, du monde agricole et des acteurs de l’eau sur tout le territoire.

 

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Rivaz - © S. MercierGarantir les usages du Léman

Outre la préservation d’un bon état des milieux pour le bon fonctionnement de l’écosystème, la CIPEL a aussi pour objectif de garantir certains usages, dont le phosphore régit quelques processus qui, directement ou indirectement, les impactent. Ces principaux usages sont :

L'eau potable

Ces dernières décennies, dans la lutte contre l’eutrophisation du Léman, l’amélioration des traitements des eaux usées domestiques a permis d’obtenir une meilleure qualité des eaux, y compris sur le plan bactériologique, ce qui permet au Léman d’être toujours une source importance d’eau potable pour près de 900’000 personnes.

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La baignade

Bien que les algues puissent ne pas plaire à tous les baigneurs, elles n’empêchent pas formellement la baignade, même si celle-ci peut être moins attrayante. En effet, la quantité de microalgues dans l’eau influence fortement sa transparence et les eaux translucides ont plus de succès auprès des nageurs. Au-delà du phosphore, ce sont également tous les progrès liés à l’assainissement des eaux usées, et donc à la qualité sanitaire de l’eau, qui ont permis la pratique de la baignade sur tout le Léman. Un lac plus propre pour une baignade plus sûre et plus attrayante !

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La ressource piscicole

La CIPEL souhaite garantir une ressource piscicole abondante et de bonne qualité, avec la prédominance d’espèces de poissons dites « nobles » comme le corégone (ou féra), la truite ou l’omble chevalier, pour le maintien d’une bonne activité de pêche professionnelle et de loisir sur le lac.

Evolution du rendement piscicole du LémanAvec plus de 1’000 tonnes de poissons pêchés par année, les eaux du Léman sont qualifiées de très poissonneuses ! Quant aux différentes espèces de poissons qui y vivent, leur abondance et leur répartition se sont modifiées avec l’amélioration de la qualité du milieu, ce qui a induit également des adaptations au sein des milieux de la pêche.

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Anticiper les changements à venir

Garantir la qualité du Léman, c’est non seulement connaître son état actuel, mais aussi anticiper les tendances de demain, que ce soit en termes d’évolution démographique, et donc de pression sur le milieu, ou en matière de changement climatique et des hausses de température à prévoir, dont les impacts sont actuellement étudiés par la CIPEL et ses partenaires.

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