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Sondés, les habitants du bassin versant lémanique boivent et apprécient l’eau potable

La CIPEL a réalisé en décembre dernier sur internet et dans la rue un sondage intitulé « L’Eau Et Vous ». Il s’agissait de mieux cerner les habitudes, le sentiment et les connaissances des habitants du bassin versant lémanique par rapport à l’eau. Boivent-ils l’eau du robinet ? Sont-ils préoccupés par l’avenir de l’eau ? Mangent-ils des poissons du lac ? Savent-ils d’où vient le phosphore ? Quelles sont leurs priorités pour la gestion de l’eau ?

La CIPEL, qui est en train de finaliser le prochain plan d’action à mener pour la décennie 2011-2020 à l’échelle du bassin versant, tiendra compte des préoccupations des habitants pour certaines des orientations du plan.

2’300 personnes ont répondu par internet à ce sondage, et 300 personnes ont été questionnées sur le terrain dans la région lémanique, en Suisse comme en France, à bord des bateaux de la CGN, Compagnie générale de navigation sur le Léman, mais aussi dans des lieux fréquentés, tels que marchés et abords des gares. Si cet échantillon ne peut pas être considéré comme sociologiquement rigoureusement représentatif de la région, il est toutefois un bon indicateur des tendances qui traversent la population du bassin versant.

Les sondés aiment leur eau

9 personnes sur 10 boivent l’eau du robinet (91%). Pour son goût, d’abord, mais aussi pour son prix. 69% d’entre elles disent la trouver généralement bonne, et au deuxième rang des motivations pour la boire, citent le fait qu’elle est moins chère que l’eau en bouteille (60%). Le souci écologique, à savoir l’avantage de s’approvisionner localement et d’éviter des transports et des contenants, arrive en troisième position (55%). Quant à savoir si les sondés font plus confiance à l’eau du robinet qu’à l’eau en bouteilles, les avis sont partagés et n’indiquent pas de tendance qui irait dans ce sens. L’on constate avec satisfaction que les efforts faits par les collectivités et distributeurs d’eau en matière de potabilisation de l’eau notamment s’avèrent payants, l’eau étant considérée comme généralement bonne. Il faut encourager les habitants du bassin versant à choisir pour boisson de table l’eau du robinet, qu’il est d’ailleurs possible de gazéifier chez soi assez simplement.

Buvez-vous l’eau du robinet ?

Pour quelles raisons buvez-vous l’eau du robinet ?

Je bois l’eau du robinet parce que je la trouve en général bonne.

Je bois l’eau du robinet par souci écologique.

Je bois l’eau du robinet parce qu’elle est moins chère que l’eau en bouteille.

Je fais plus confiance à l’eau du robinet qu’à l’eau en bouteille.

Les sondés mangent le poisson local

Comme pour l’eau, 90% des sondés consomment, au moins occasionnellement, les poissons du lac et des rivières du bassin. Quant à savoir s’ils estiment que ceux-ci sont moins contaminés que les poissons d’autres origines, les avis sont partagés, 40% ne sachant pas répondre. L’on observe que la population manque d’information à ce sujet, en Suisse en particulier. Il est nécessaire de pallier cette lacune.

Consommez-vous des poissons ?

Pensez-vous qu’ils soient moins contaminés ?

Les sondés se disent préoccupés par l’eau

Les personnes interrogées se disent très majoritairement préoccupées par la qualité de l’eau de boisson (87%), ainsi que par l’avenir de l’eau (79%). Sa rareté (76%), sa salubrité pour la baignade (74%) sont également très clairement une source d’inquiétude. Le prix de l’eau est lui aussi une préoccupation, bien que dans une proportion moindre (57%). Ce résultat tend à prouver qu’une majorité de personnes ont conscience des problématiques écologiques qui pèsent sur l’avenir de l’approvisionnement en eau potable.

L’avenir de l’eau ?

La qualité de l’eau de boisson ?

Le prix de l’eau ?

La rareté de l’eau ?

La salubrité de l’eau de baignade ?

Le Léman figure parmi les lacs européens subissant une forte pression démographique. 650’000 ménages en dépendent pour s’approvisionner en eau potable, tandis que d’autres ménages puisent aux sources et nappes phréatiques alentour. Un total de 1,5 million d’habitants déversent ensuite leurs eaux usées au Léman après traitement par des stations d’épuration.

Les priorités sont aux micropolluants

Les pollutions chimiques ou micropolluants ainsi que leurs risques sur la santé et l’environnement arrivent en tête des préoccupations des sondés par internet (68%), avec une particularité pour le sondage réalisé sur le terrain : En France, ce sujet est considéré par plus de la moitié des gens comme une priorité. Côté suisse, le réchauffement climatique arrive légèrement devant les pollutions chimiques. Ce décalage semble montrer que le Grenelle de l’environnement en France a contribué à faire prendre conscience du sujet des micropolluants, tout en l’accompagnant de mesures. Vient ensuite le réchauffement climatique, puis le phosphore et la prolifération des algues, la qualité des eaux de baignade arrivant au même rang que l’artificialisation des rives du lac et des rivières. L’on observe que le phosphore, enjeu des 40 dernières années, arrive derrière le réchauffement climatique, alors que la problématique de l’eutrophisation n’est toutefois pas encore complètement résolue pour le Léman.

Quelles sont vos priorités ? Ce que disent les sondés par internet :

Quelles sont vos priorités ? Ce que disent les sondés sur le terrain :

Les sondés veulent protéger l’eau

Les sondés disent participer à la préservation de la qualité de l’eau par des gestes écologiques ou citoyens. Quant à savoir ce qu’ils font, 90% répondent qu’ils évitent de jeter les produits dangereux dans le lavabo et les toilettes, ainsi que dans les grilles d’eau claire, geste qui permet de respecter la réglementation. La prévention à la source des pollutions domestiques est donc bien ancrée dans les mentalités. En outre, deux tiers des sondés disent limiter leur consommation d’eau. Par ailleurs, près de la moitié dit jardiner sans pesticides, choisir les produits cosmétiques et ménagers les plus naturels possible et acheter des produits issus de l’agriculture biologique. Près de 90% des sondés pensent que pour sauvegarder la qualité de l’eau du Léman, il faut choisir un détergent sans phosphate pour le lave-vaisselle. Cependant, la moitié seulement dit le faire. Le fait qu’il n’est pas simple de remarquer ces produits dans les grandes surfaces y contribue certainement, même s’il existe maintenant 8 marques différentes de produits lave-vaisselle sans phosphate côté suisse et 19 côté français. Il reste donc pertinent d’informer sur le sujet. L’on peut considérer les chiffres de ce chapitre comme extrêmement encourageants. Ils donnent à penser que les gestes de prévention ont déjà des adeptes en nombre.

Quels gestes faites-vous pour préserver la qualité de l’eau ?

Vrai-Faux : les sondés ont quelques lacunes

Le test de connaissances sur l’eau montre que les sondés répondent en général juste. 98% d’entre eux pensent que l’eau du robinet est potable. Seuls 7% pensent que les eaux usées vont directement à la rivière ou au Léman. 96% pensent qu’il ne faut pas jeter de produits tels que huiles, peintures, solvants, pesticides et médicaments dans les éviers/toilettes. Toutefois, à l’affirmation « A la sortie de la station d’épuration des eaux usées, l’eau est potable », 36 % des sondés ont répondu « oui », alors que ce n’est bien évidemment pas le cas. Il existe probablement une confusion dans les esprits entre les deux types d’installations de traitement de l’eau : les stations de traitement de l’eau potable et les stations d’épuration des eaux usées. Cet aspect illustre encore la nécessité d’accentuer l’information au public.

Sources : CIPEL, 28 avril 2010


Date : 6. 05. 2010

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